Précédemment, il a été évoqué des initiatives intéressantes, comme les villages de tiny-houses. On peut également citer l'habitat modulaire, mais dans les deux cas, il est regrettable qu'un débat juridique de qualité ne soit pas organisé par les pouvoirs publics, alors même que ces solutions font l'objet d'éloges depuis plusieurs années (voir Thierry POULICHOT, "L'habitat permanent en résidence démontable", Annales des loyers, octobre 2021, pp. 49 à 57).
Des projets intéressants bien que limités voient donc le jour, mais leurs promoteurs oublient de rendre hommage à leurs inspirateurs. Difficile alors pour les défenseurs des innovations de se faire des alliés parmi ceux qui les ont précédés.
Rien d’étonnant à de tels travers. Les acteurs institutionnels, qu'ils soient politiques, militants ou administratifs, souhaitent se mettre en avant. C’est humain. Encore faut-il que les innovations induites ne soient pas perçues comme de la publicité visant à camoufler un effondrement systémique général.
Les démarches novatrices mais circonscrites et oublieuses du passé rappellent la mise en garde d’Éric DUPIN (Les Défricheurs, voyage dans une France qui innove vraiment, La Découverte, 2014, 278 p.), notamment dans sa page 270 sur ceux qui veulent constituer de nouvelles élites grâce à des projets participatifs.
On doit éviter de laisser un petit nombre d’intervenants se prévaloir d’évolutions dont ils ne sont d’ailleurs pas les vrais initiateurs. Sinon, la population désabusée risque de parler d’un théâtre participatif où les rares bénéficiaires de quelques petits succès ressemblent à de simples figurants.
C’est la dérive dont nous ont avertis Alice MAZAUD et Magali NONJON dans leur fabuleux livre Le Marché de la démocratie participative (Éditions du croquant, 2018, 365 p.).
/image%2F6180085%2F20260226%2Fob_4a1138_le-marche-de-la-democratie-participati.jpg)
/image%2F6180085%2F20210330%2Fob_e4c4da_3749.jpg)